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Critiques et avis sur la Culture, les loisirs et les média en général et le cinéma en particulier! Catégorie : Blog Cinéma Date de création :
22.01.2007 Dernière mise à jour :
01.01.2008
La disparition de l'émission de Daniel Schneidermann, Arrêt sur Images, de nos écrans de télévision a déjà fait l'objet de deux articles sur ce blog, les 1er et 11 juillet. L'affaire connaît aujourd'hui un nouveau rebondissement suite à la mobilisation des téléspectateurs. Voici donc le mail reçu ce matin:
"Bonjour à toutes et à tous,
En ces jours de rentrée, je souhaite vous donner de bonnes nouvelles de l'avenir d'Arrêt sur images.
Nous avons été silencieux cet été. Pourtant, du Tour de France à la libération spectaculaire des infirmières bulgares, en passant par les nouveaux empiètements de la presse people, nous aurions eu beaucoup de sujets à traiter, dans un univers médiatique plus monocolore, et plus violent que jamais.
Mais nous préparions la rentrée.
En un mot comme en cent, nous avons décidé de construire un site.
Puisqu'aucune chaine de télé ne veut produire ni diffuser Arrêt sur images, et puisque au fond seuls ses télespectateurs veulent que cette émission continue, nous allons nous passer de la télévision.
Nous allons faire l'émission sur Internet.
Evidemment, ce ne sera pas la même émission. D'ailleurs, ce ne sera pas vraiment une émission.
Ce sera...un site.
Avec des textes, comme dans les blogs. Avec des images diffusées par les télés, évidemment. Avec des reportages, filmés ou écrits, sur les personnages de la tragi-comédie médiatique. Et avec des débats en plateau, comme dans l'émission supprimée par France 5. Les débats seront évidemment plus courts. On ne regarde pas des images sur Internet de la même manière qu'à la télévision.
Donc, la grand messe du dimanche sera éclatée en une pluie de rendez-vous et d'enquêtes. Il y aura des rendez-vous quotidiens ou hebdomadaires. Il y aura aussi des surgissements inopinés. Il y aura des visages que vous connaissez déjà. Il y aura aussi de nouveaux visages. Le site sera très réactif à l'actualité, mais nous construirons aussi un solide fonds d'archives, pour restituer sa mémoire à l'univers audiovisuel, univers de la fugacité et de l'amnésie.
Le site sera essentiellement financé par ses abonnés.
Nous avons beaucoup hésité à choisir ce mode de financement. Ne fallait-il pas tout miser sur la pub ? Ne fallait-il pas faire appel à de généreux investisseurs?
C'est votre nombre, qui a emporté notre décision. Votre nombre, et la motivation de tous ceux d'entre vous que nous avons croisés cet été, au hasard de nos déplacements.
Nous n'avons donc pas fait appel à des investisseurs. Et nous souhaiterions que le recours à la pub soit modéré.
En choisissant ce mode de financement, nous savons que nous allons à contre-courant d'un certain air du temps. L'air du temps répète que l'évolution vers la gratuité de tous les services produits sur Internet est inéluctable. L'air du temps répète qu'on n'y peut rien.
Nous n'aimons pas trop écouter l'air du temps.
Nous faisons donc le pari inverse. Nous parions qu'assez de citoyens estimeront qu'une information indépendante sur l'univers médiatique est un service qui a un coût.
Pour autant, nous ne souhaitons pas nous limiter aux convaincus. Certaines parties du futur site seront accessibles à tous. Nous voulons qu'il contribue fortement au débat public. Nous voulons que ses analyses, ses informations, irriguent Internet, et viennent contrarier le ronron de la grosse machine.
La campagne d'abonnements sera lancée courant septembre, le temps d'achever les derniers préparatifs. Tous les détails de la résurrection d'Arrêt sur images vous seront alors dévoilés en priorité, à vous tous qui avez signé pour que votre émission continue.
Simultanément à cette campagne, nous entreprendrons la construction du site définitif.
Ce devrait être l'affaire de quelques mois. Le temps de trouver les mains qui le construiront (ce qui n'est pas le plus facile) et...de le construire, accueillant, durable, vaste, confortable, équipé pour traverser le déluge.
Vivement 2008 !
Daniel Schneidermann"
Dès que l'adresse de ce site sera connue, un lien figurera bien entendu dans la page des sites favoris.
Sinon, c'est la rentrée et il va falloir se remettre à écrire un petit peu! Cette remarque est valable pour moi (c'est bon, faut que je me motive!) mais aussi un peu pour vous, chers lecteurs, car, comme vous avez pu le constater, les titres des commentaires ont disparus de la colonne de droite du blog et çafait un petit peu vide! Alors à vos commentaires...
Voici donc le deuxième petit article sur Terminator The Sarah Connor Chronicles la série tirée de l’univers de Terminator, créé par James Cameron, en quelques jours. Elle est annoncée sur la Fox pour le début d’année prochaine mais le pilote étant déjà disponible, je ne me suis pas gêné pour le regarder. Je dois l’avouer, j’ai été assez déçu.
L’histoire commence en 1999 et Sarah et John Connor sont en fuite. Sarah parle des événements de Terminator 2 en disant qu’ils ont eut lieu deux ans avant alors que l’action de T2 (tourné en 1991) est sensée se dérouler en 1995 et non 1997 donc. Trêve de considérations chronologiques, le problème de la série n’est pas (que) là. Ce pilote n’est qu’un remake de T2 : John est poursuivi par un Terminator venu du futur pour le tuer (comme d’habitude) mais il a pensé à envoyer un autre Terminator pour se protéger ! John, sa mère et son nouveau Terminator décident donc d’arrêter le programmateur de Skynet qui déclenchera la guerre entre les humains et les robots en 2011.
Vu qu’ils n’ont aucune piste pour empêcher la création du programme en 1999, ils décident de partir en 2007 avec une machine à voyager dans le temps créée par un ingénieur venu du futur qui est allé en 1963 pour construire la machine sans que personne ne le sache sauf les rebelles du futur! Si ça c’est pas un scénario capillotracté ! En gros, ce serait juste pour éviter les anachronismes en permettant de tourner la série de nos jours sans essayer de reconstituer un décor de la fin des 90’s.
Autre grosse déception : le Terminator qui poursuit John fait des (mauvaises) blagues! Après une fusillade en pleine salle de classe, il se tourne vers les élèves et leur sort un "Class dismissed" ("La classe est finie" pour les non anglophones). On est loin du « I’ll be back » du premier film. Les programmateurs du futur ne doivent vraiment rien à faire de leurs journées pour insérer un programme « humour de lycéen version 1.0 » dans des robots tueurs. De plus, ce robot ne peut pas faire les choses simplement et logiquement. Il renverse un bus pour monter dessus pour mieux voir où se cache John, il se fait passer pour un prof pour le retrouver, etc. Et en plus, il vise mal !
Parlons un peu de la mise en scène, qui va du « sympa » au « arrêtez, j’ai envie de vomir !». En effet, les scènes de fusillades sont atrocement filmées, à coup de recadrages, de zooms, de plans de moins d’une demi seconde et de faux raccords. Rien de bien intéressant. De plus, le format 4/3, abandonné par quasiment toutes les séries depuis quelques années donne un aspect très 90’s, comme le grain de l’image. Il faudrait prévenir le réalisateur que ce n’est pas parce que l’action se passe en 1999 qu’il faut tourner comme en 1999 ! Sinon, j’ai hâte de voir des reconstitutions historiques mises en scène par lui !!
Et pourtant, il y a du positif à cette série. D’abord, elle nous permet de retrouver John et Sarah Connor mais aussi de prolonger l’univers très riche des films de James Cameron. Pour moi, Terminator est une relecture très intéressante du nouveau testament. Une femme tombe enceinte de manière surnaturelle, le Saint-Esprit étant ici remplacé par un homme du futur. Son enfant sera le sauveur de l’humanité et ses initiales sont J.C. (John Connor/Jesus Christ). Dans le pilote, John parle d’ailleurs de ce rôle de messie qui lui est imposé, de son destin qu’il n’a pas choisi et dont il ne se sent pas les épaules pour le supporter. Espérons que le reste de la série apportera d’autres éléments de réponse, sans plonger dans trop de considérations religieuses. En sachant que la série passera sur la (très conservatrice) Fox, c’est loin d’être gagné ! Attendons la suite pour savoir si la série vaut le coup d’œil même si le pari est risqué en voyant le pilote.
Un Terminator 4 est annoncé pour 2009 et la rumeur prétend qu’Edward Furlong pourrait y reprendre son rôle de John Connor qu’il incarnait déjà dans T2. The Sarah Connor Chronicles serait donc une bonne préparation des spectateurs pour ce nouvel opus.
Annoncée depuis plusieurs années, la série télé tirée de l'univers de Terminator, créé par James Cameron, va enfin débarquer, intitulée The Sarah Connor Chronicles! Après deux films sublimes et un troisième très décevant, forcément, on espère beaucoup de la série qui devrait être diffusée aux USA, sur la Fox, à partir de janvier 2008. La première saison comptera 12 épisodes de 42 minutes.
Elle se déroule entre le second et le troisième opus et devrait apporter de nombreuses réponses quant au changement de futur de T3. En effet, les événements décrits par Sarah dans T2 (L'explosion et le début de la guerre en 1997) n'ont pas eut lieu, ce qui remet tout en cause: si la guerre ne débute pas en 1997, tout le futur est changé, John ne rencontre pas son père et ne peut donc pas l'envoyer dans le passé pour sauver sa mére (Terminator), etc. D'après les images que j'ai pu voir, la série apportera des réponses... enfin j'espère!
Pour l'anecdote, John Connor est interprété par Thomas Dekker, qui joue déjà Zach, l'ami de Claire dans Heroes. Esperons qu'il soit plus du niveau d' Edward Furlong (T2) que du fade Nick Stahl (T3), par ailleurs excellent dans Sin City.
Pour patienter en attendant les premiers épisodes de The Sarah Connor Chronicles(Le pilote est, lui, déjà disponible) voici un petit teaser très interessant.
La tension est à son paroxysme. Laure et ses frères extraterrestres attendent avec joie, peur ou doute (on ne sait guère) la venue de leurs véritables parents. Voilà un point d’orgue magnifique auréolé d’une vive lumière bleue, envoûtante et belle. Ici, un ultime et fulgurant combat au corps à corps entre Xavier et François, entre le Bien et le Mal, rien que ça. Et là, la rédemption du vilain en voyant son fils Lucas prêt à partir dans les étoiles. L’élévation mystique de Laure partant au-delà des nuages. Cette fin de Mystère, elle aurait été belle, grandiose, magnifique si j’avais eu affaire à une bonne série.
Plus le dénouement approche, plus les ficelles de la prévisibilité se découvrent sur mon écran de télévision. J’aurais préféré que le directeur des effets spéciaux les efface numériquement. La construction de la narration fait que le téléspectateur a toujours eu une longueur d’avance, sinon deux, sur les révélations diverses. Peut-être les créateurs ont-ils eu peur que le public ne saisisse pas les enjeux avec précision. Donc, exit la surprise. Ah ! Si, j’ai eu droit à deux surprises : malheureusement, la première tombe, une nouvelle fois, à plat ; quant à la seconde elle m’indigne. Les voici :
- première surprise : le mari de Michèle Costa (le mari de Lio) ne travaille pas pour la gentille organisation Planet mais pour le compte des militaires (et donc du très méchant beau-frère François). Cette découverte aurait pu devenir un moment d’effondrement pour nos héros. En fait, si peu. Ce n’est, de toute façon, pas bien grave puisqu’il meurt de la main de François. Allez comprendre pourquoi : le traître est assassiné par celui avec qui il jouait double jeu.
- deuxième surprise : François n’est pas puni à la fin. Alors que nous avions un méchant à peu près intéressant, voilà que boum ! il s’en sort. Il semble même être pardonné. Franchement, je ne comprends pas. En voyant sa mort ou au moins une punition digne de sa cruauté, il aurait été intéressant de constater que plonger du mauvais côté et se laisser envahir par de mauvais sentiments n’est pas une si bonne chose (c’est d’ailleurs l’un des principes des contes de fées : le méchant est caractérisé comme étant vraiment mauvais, sans ambiguïté possible, et est toujours puni dans d’atroces souffrances, allant parfois jusqu’à la mort). Mais la dimension christique en a voulu autrement : on lui pardonne. Qui "on" ? Dieu, Christopher, la descendance (Lucas), les créateurs, ma foi ! A la place, on préfère tuer le traître (Costa est tué de sang-froid par François) et forcer au suicide celui-qui-dissimule-la-vérité (le Général de Lestrade se tire une balle dans la tête parce que son fils François lui dit qu’il a échoué).
Alors, pour cette dernière critique sur la série estivale de TF1, j’aurais bien voulu finir sur une note positive. Pourtant, malgré tous mes efforts, cela ne va pas être possible. Aucune dynamique, aucun suspense, trop peu de moments surprenants. J’en sors profondément désappointé. Tant mieux pour vous si vous avez aimé suivre les aventures de Laure (et je vous invite par ailleurs à laisser quelques commentaires pour me dire ce que vous avez apprécié – Merci à Claire d’avoir eu le courage de dire ce qu’elle en pensait) ! Mais, pour ma part, rien ne m’a émotionnellement accroché. Les images de Mystère ont manqué d’énergie et de passion. Est-ce de l’exigence ? Non, c’est juste de la déception. De la simple déception de « téléphile ».
Alors ? Mystère est-il un ovni télévisuel dans l’univers du PAF ? Ouais… Bof.
Bon, et bien… Que dire de plus ? Que tout a été immanquablement prévisible ? Oui, malheureusement. Le gâchis. Si la réalisation avait rendu cette prévisibilité palpitante, renversante, ou au moins intéressante. Mais point du tout. Tant pis pour moi, pauvre téléspectateur qui espérait des retournements de situation dignes des nouvelles séries américaines, malgré une réalisation ni captivante ni rythmée ou des acteurs peu imprégnés des tourments de leurs personnages. Maintenant, il n’y a plus rien à sauver dans Mystère. Les séries françaises ne peuvent vraiment pas rivaliser face la vague américaine.
Car, à mesure que les mystères se dévoilent un à un, toute la tension (qui était déjà bien faible) retombe aussi platement qu’une crêpe qui a oublié d’atterrir dans la poêle. On ne bouscule pas le téléspectateur de TF1 sur le grand mystère de Mystère, ce pourquoi le général de Lestrade faisait tant de petites cachotteries : Laure est une descendante des extraterrestres parce que sa mère fut l’une des passagères de l’avion (car sinon, pourquoi elle aurait fait des crops circles dans son cahier d’écolière ? Et pourquoi elle aurait écrit des pleines pages de « Nous devons nous retrouver » ?). A peine troublée lorsqu’elle le comprend enfin, Laure semble prête à partir dans les étoiles. Plus que deux épisodes pour savoir si oui ou non elle va y aller, si oui ou non les autres personnages vont la laisser prendre ce choix.
C’est franchement dommage puisque c’est juste au moment du trouble de l’héroïne qu’un sursaut de frisson ou d’effroi aurait pu naître dans mes tripes : elle et les autres enfants des petits hommes verts vont pouvoir découvrir un monde différent du nôtre, avec ses propres règles, ses propres lois, son propre espace-temps et, très certainement, ils ne reviendront jamais sur notre planète. Bref, il y avait un formidable potentiel sur la peur de l’inconnu et plus particulièrement sur celle de la mort. Je suppose d’ailleurs que c’étaient là les véritables intentions des scénaristes avant qu’elles soient perdues dans le magma d’une réalisation qui s’offre dans l’excès de l’inutile composition picturale et d’un jeu narcissique d’acteurs. Il suffit de voir la personne qui mène le groupe prêt à partir pour un nouvel univers : il s’appelle Christopher, est proche de la trentaine, et son visage possède une étrange similitude avec un personnage biblique.
Juste ça pour dire que si le récit possédait au départ de bonnes intentions, avec des lectures qui auraient pu être vraiment intéressantes, ni la réalisation ni le jeu m’ont permis d’y croire, sauf pendant une minute trente. Au moins, le méchant demi-frère de Laure est vraiment méchant. Cela nous laisse un type à détester, à défaut d’une héroïne à aimer.
En attendant les deux derniers épisodes de la saga Mystère, n’oubliez pas de regarder 24, Heroes (sauf l’épisode 23, note de Snake) ou Lost (Oh ! la belle vague américaine ! Ah… ça fait du bien !).
En bonus, le générique de cette série "inoubliable"...
Enjoy...
Par pitié, laissez un commentaire au petit, il va finir par déprimer....
Ouh la ! Mais que s’est-il passé ?
Un soupçon de frénésie ? Une pincée de mouvement ? Que sais-je !
Le début de l’épisode 7ème du nom démarre en trombe et finit maillot jaune. Une vraie course-poursuite ! Bon, elle a lieu dans un petit restaurant provençal et s’achève deux plans plus tard, par la jolie chute du poursuivi (Lorenzo le rebelle), mais tout de même ! Et quelques dizaines de minutes plus loin, que vois-je ! Un petit moment de suspense autour d’une simple clé USB (et un café) ! Bon, ça fait Hitchcock de comptoir ou hommage bâclé à Alias mais tout de même ! Effectivement, pour atteindre une vérité qui n’est certainement pas ailleurs, les personnages de Mystère savent se remuer et ils le font savoir… avec toutefois six épisodes derrière eux mais tout de même.
Si vous suivez mes critiques de la série estivale de TF1, vous l’avez sans doute déjà compris : je ne porte pas vraiment Mystère dans mon cœur – et dans mes tripes. Mais là, j’ignore ce qui s’est produit ce soir du mercredi 11 juillet 2007. Une illumination profonde, une secrète allégresse, une jubilation indicible, une intervention divine, « what else ? », comme dirait l’autre. Il n’empêche, je vous avouerai dans un murmure que l’épisode 7 est bi…, est sym…, est le meill... Même moi j’éprouve des difficultés à exprimer mon ressenti. Attention, quand je dis "meill…lleur" (pas facile à écrire), je veux dire en réalité "celui-qui fut-le-plus-intéressant-à-voir" ou d’un autre point de vue "celui-qui-fut-le-moins-ennuyeux-à-regarder".
A l’approche de l’épisode final, j’ai l’impression vague que la plupart des personnages jouent double jeu : à ma gauche nous avons l’intérêt collectif (c’est-à-dire je soutiens Laure afin de savoir ce qui se trame et cetera) et à ma droite, l’intérêt personnel (c’est-à-dire je ne soutiens pas Laure car je défends mon territoire et blablabla). Ces doubles enjeux, peut-être similaires mais souvent opposés, apportent un nouveau souffle dynamique. Par contre, la sous-exploitation des séquences appauvrit ce souffle. Par exemple, voici un magnifique coup de théâtre en milieu de 7ème (un "oh ! putain" a failli s’extirper de ma bouche) : le personnage de Lio semble être de mèche avec les bad guys ! Qui l’aurait cru ! Un interlocuteur inconnu lui demande expressément d’empêcher Laure de découvrir la vérité sur le vol 173. L’étau se resserre sur l’héroïne et c’est une bonne chose pour mon implication personnelle. Pourtant, j’ai beau attendre avec une certaine impatience le passage où Lio (pardon Michèle Costa) va s’en prendre à sa nièce – et de manière perverse évidemment – mais… rien. Du tout. Pas de manière, pas de perverse. Ni dans la fin du 7, ni dans le 8ème. Consterné je suis. Et qu’est-ce que ça fait ? Pouf c’est tout. A moins que l’interlocuteur en question soit la chère maman disparue de Laure, et là qu’est-ce que ça fera ? Patatras c’est naze. Pourquoi ? Parce que découvrir que la mère ne veuille pas se retrouver avec Laure sa fille, alors que c’est LE principal objectif de Laure, confinerait mes attentes de téléspectateur dans une terrible déception (mais peut-on être déçu par TF1 ?).
Une scène dans le 7ème épisode (décidément, je parle plus souvent des épisodes impairs que pairs) m’a beaucoup touché alors qu’il ne se passe strictement rien. Un "rien" qui me transcende au-delà des critiques que je peux exercer à chaque fois que je visionne TF1, toutes émissions confondues. Et donc, je me dois de vous en parler.
Dans cette scène d’1 min 30, Laure et Xavier font un rapide bilan de leur entrevue avec l’ancienne hôtesse de l’air (qui, en passant, n’a pas fondamentalement vieilli en 27 ans : la crème anti-rides fait son effet). En sortant de chez elle, la pluie se met à tomber et le couple se réfugie rapidement dans la voiture, et parle. C’est une scène où les deux héros font le point : dans la voiture, sous la pluie, ils réfléchissent à ce que j’avais déjà compris dans mon fauteuil, c’est-à-dire aux cachotteries du Général de Lestrade. Rien ne fait donc avancer l’intrigue et pourtant, quelle scène (non, ce n’est pas ironique) ! Quel élément m’aurait happé ne serait-ce qu’un instant pour m’émouvoir à ce point ? La pluie qui, au contact de la vitre, déforme les visages des acteurs ? Les anges qui passent entre chaque réplique ? Les essuie-glaces qui vont et viennent avec leur petit ronronnement ? Est-ce que, malgré moi, je me serais pris d’affection pour ces deux personnages ? Tellement étrange que je ne suis pas parvenu à en déceler la raison. J’ai voulu cependant vérifier si ce n’était pas un vilain coup de la fatigue : j’ai revu la séquence sur Internet, mais non. Le "rien" en toute simplicité. Sans doute la meilleure minute trente de Mystère. Troublé je suis.
Voici un mail de Daniel Schneidermann reçu ce matin, suite à la signature de la pétition visant à réclamer le maintien (ou la résurrection!) de son émission. Dans l'optique du suivi des affaires dont parle le blog, nous vous le transmettons en vous encourageant une fois de plus à aller signer la pétition sur http://arret-sur-images.heraut.eu.
Chers amis,
Je ne peux m'empêcher de vous appeler ainsi, tant vous avez compté dans la vie de toute l'équipe d'Arrêt sur images, au cours du mois écoulé.
Vous êtes près de 175 000 qui avez signé la pétition initiée spontanément par l'un d'entre vous, Anthony, et réclamant le maintien de votre émission sur France 5.
175 000 ! Ce mouvement, sans précédent, nous a emplis de fierté et de gratitude. Il justifie pleinement le travail accompli, tout au long de ces années, par notre équipe. Je veux d'abord, du fond du coeur, vous remercier. Nous vous avons beaucoup donné. Vous nous le rendez aujourd'hui, et de quelle manière! Nous vous donnerons encore.
Anthony va clôturer cette pétition le 18 juillet prochain (tout le monde a droit à des vacances). Il la remettra alors à la direction de France Télévisions. Si certains de vos proches n'ont pas encore signé, c'est le moment !
Malheureusement, il est peu probable que votre mobilisation soit couronnée de succès. La direction du groupe public a donné maints signes publics de son refus de revenir sur sa décision. Je ne la commente pas ici. Je l'ai assez fait, au cours des semaines écoulées.
Mais ne pensez pas pour autant que votre mobilisation aura été vaine.
Elle aura d'abord montré la force de la demande sociale d'une critique des médias, exercée au sein même des médias. Cette demande, nous la connaissions. Elle vient de crier, paisiblement, qu'il faudra compter avec elle. Malheur à ceux qui l'oublieraient !
Votre mobilisation aura ensuite poussé puissamment à la résurrection d'une émission comparable à Arrêt sur images.
A l'heure où je vous écris, des discussions se poursuivent avec plusieurs médias, français et étrangers, susceptibles d'accueillir notre travail dès la rentrée prochaine. Ne m'en veuillez pas, pour une fois, de rester un peu plus discret que d'habitude, et de faire violence à mon tropisme de la transparence: ces discussions ont besoin d'une certaine tranquillité. Vous serez informés aussitôt que possible sur le big bang blog. Laissez-moi seulement vous dire que tout est encore possible. Vous n'avez peut-être pas fini de vous arrêter sur les images avec nous, sur les écrans de votre téléviseur, ou...de votre ordinateur (ou des deux).
Mais que vois-je ?
Coincé dans mon fauteuil, une infusion à la main, la télécommande du lecteur DVD dans l’autre, je regardais tranquillement les bonus des Fils de l’Homme quand, tout à coup ! je vis s’afficher sur l’écran digitalisé de mon réveil-matin, « 20 : 55 ». Déjà ! me dis-je à moi-même. Alors, nonchalamment, je pris le programme télé (en ayant préalablement déposé infusion et télécommande) et me dirigea à la page du… Tiens, quel jour est-on ? Oups, c’est déjà mercredi… et Mystère commence. Rendez vous compte ! J’étais tellement impatient de découvrir la suite des aventures de Laure de Lestrade que j’en avais fini par oublier l’heure. Bouh ! C’est pas bien ça. Enfin…
Alors ? Et bien alors, c’est une saga qui définitivement bouge mais ne secoue franchement pas. Je m’explique.
Ca bouge parce que, si je me mettais à vous raconter ce qui s’est passé depuis le début, vous vous apercevrez que les personnages de Laure, Xavier, Erika, etc., sont aux prises d’une machination, complot, canular, bidule, machin, chose, bref un truc complètement dingue (peu importe comment vous l’appelez). Vérifions avec un petit rappel de quelques faits (désolé par avance si je me trompe d’épisode) : Laure découvre que sa mère n’est peut-être pas morte (ép.1) ; un type patibulaire tente de kidnapper Lucas, le fils d’Erika (ép.2) ; Laure apprend que sa mère voulait la tuer (ép.3) ; le premier amour de Laure, Christopher, refait surface mais est complètement replié sur lui-même (ép.3) ; la fille de Lorenzo, Manon, est capable de lire les crops circles (ép.4) avant d’être enlevée la nuit suivante ; Lorenzo possède une étrange cicatrice sur son bras (ép. 4) et n’est pas le seul à en avoir une ; Laure retrouve le psychiatre, supposé mort, qui suivait sa mère (ép.5) ; grâce à une vidéo, Laure et Xavier découvrent que la cicatrice correspond à un implant qui est de nature extra-terrestre (ép.6) ; Lucas semble posséder des pouvoirs psychiques (ép.6).
Oui, Mystère est une série qui bouge. Laure fait son enquête, fouille de droite à gauche afin de reconstituer le puzzle d’un passé pour comprendre le présent, voire le futur. Quant aux autres personnages, tantôt ils l’aident, tantôt ils lui laissent quelques obstacles.
Et Mystère est aussi une série qui ne secoue pas parce que tout simplement j’oublie de m’en rappeler. Aussi bonne que peut l’être l’histoire, la série ne me prend pas aux tripes. Elle ne me fait pas bondir hors de mon fauteuil et je ne me sens à aucun moment impliqué sur leur envie de connaître la vérité. Pourquoi donc ? Sans doute à cause d’une réalisation molle et qui, parfois, vire au ridicule. Par exemple dans l’épisode 5 : Laure et Xavier avaient rompus car Laure n’avait guère apprécié que Xavier mente sur sa vraie vie professionnelle (souvenez-vous, c’est un flic, non un avocat). Il n’empêche, ils se retrouvent un soir pour mettre en commun leurs investigations sur les disparitions. En même temps, ils se font un petit dîner aux chandelles (comprendre : la flamme entre eux est toujours intacte). Xavier voudrait bien rester mais finalement s’apprête à partir. Sur le perron, ils se disent au revoir. Xavier fait quelques pas, puis avec toute la tranquillité d’une vache sacrée, fait demi-tour pour se diriger vers Laure qui, de son côté, en fait autant. Ils se retrouvent l’un devant l’autre, tels deux adolescents pubères qui vont se rouler une pelle. Ce qui se produit effectivement. Belle séquence de retrouvailles, mais il manque malheureusement un petit quelque chose que je nommerai la passion. Certes, c’est bien beau de les montrer ensuite en train de faire l’amour, mais c’est inutile : le spectateur comprenait très bien par le baiser qu’ils n’allaient pas en rester là. Et la passion, la vraie, manque à l’appel (la pelle ?). Pour une formidable union, il aurait fallu les voir se jeter littéralement dans les bras l’un l’autre (et filmés autrement que par un plan frontal assez laid – avec Laure d’un côté et Xavier de l’autre – qui nous empêche de les rejoindre dans leur fougue amoureuse). Mais non. Le romantisme à la française ne désire pas bousculer les lignes de la passion amoureuse.
Toujours dans les trucs qui énervent, nous avons des acteurs qui ont une tendance narcissique à se regarder dans les miroirs et autres glaces. Cela devient pénible, pour ne pas dire agaçant. Alors je comprends, cela fait une belle mise en scène avec les deux acteurs qui se parlent sans avoir besoin de se regarder directement, l’un en avant-plan, l’autre en arrière-plan. Et cela joue aussi sur les faux-semblants, sur les doubles jeux des personnages. Mais une bonne soupe resservit à chaque fois devient à la longue franchement indigeste.
Par contre, les toiles que Laure découvre dans l’épisode 5 sont tout à fait incroyables, et je me dois de vous le dire. Il s’agit de portraits fracturés comme si la personne peinte se regardait à travers un miroir brisé. Tout simplement effrayant.
En attendant, avec beaucoup d’impatience, la suite…
PS : je vous invite gracieusement à faire part de vos réactions sur cette série : si vous la regardez ou non, et pourquoi ; si vous la trouvez bien, ou non, et pourquoi ; si vous avez hoché la tête en signe d’approbation en lisant cet article, ou non, etc.
L’image est une reine. Une grande reine. C’est notre reine, et elle est belle. Sa grande force réside dans son omniprésence. Où que nous soyons, elle est là, quelque part, à se laisser observer. Elle aime être vue. C’est une grande séductrice : elle charme hommes, femmes et enfants. Elle adore la technologie et, pour la remercier, nous lui avons conçu de nombreux outils de communication afin de parfaire son pouvoir : appareil photographique, cinématographe, télévision, téléphone portable, GPS, Internet. L’écran est son amant. Sans lui, l’image ne peut manifester son incroyable beauté. Pas étonnant que de nos cinq sens, la vue est celui qui gouverne notre vie. Nous nous fions à ce que nous voyons, et ce qui est vu est toujours pris pour vrai. Toujours. Seule l’interprétation modifie l’événement (n’en déplaise aux témoins oculaires).
Toutefois, l’image a son talon d’Achille : il lui déplaît d’être lue. Le décryptage l’affaiblit, efface les contours de son maquillage, la dénude. Et certaines personnes n’apprécient pas qu’elle soit déshabillée ainsi. Ces personnes, ce sont pour la plupart des gens de pouvoir, des puissants comme des patrons de chaîne, des animateurs-vedettes, des journalistes ; bref, des gens qui prétendent savoir ce qui est bon pour notre reine. Et ces gens – ces laquais – la surprotègent parce qu’ils croient que si nous nous mettions à porter un regard critique sur l’image, nous ne la regarderions plus. Ils ont tort, et ils sont intimement persuadés qu’ils ont toujours raison. Toujours. Aucune remise en question de leur part. Pas de doute chez eux. De toute façon, ce sont les puissants qui décident, pas nous. C’est désormais officiel : Daniel Schneidermann a annoncé sur son blog aujourd’hui (http://www.bigbangblog.net) qu’il était licencié de France 5 pour faute grave. Et qui dit licenciement dit fin de son émission Arrêt sur images, la seule du PAF qui savait déshabiller avec élégance les émissions télévisées.
Nous ne devrions pas être l’esclave de l’image, plutôt un compagnon de route. Mais voilà, l’ère du numérique ne risque probablement pas d’arranger les choses. Alors, si nous poursuivons nos excursions de téléspectateurs, à nous promener dans les jardins de notre reine, de Vis ma vie à Super Nanny en passant par les JT des différentes rédactions ou autres jeux télévisés, interrogeons-nous. Quel est le plus important : ce que nous voyons, ou ce que nous lisons ?
Une pétition pour la résurrection d’Arrêt sur images est en ligne. Si vous êtes tentés par cet acte citoyen, allez sur :http://arret-sur-images.heraut.eu
Espérons au moins qu’il ne s’agisse pas d’une décision politique, comme l’avait cru Schneidermann durant un instant. Et quel que soit le support, que vive le décryptage des médias ! Car elle a beau ne pas se l’avouer, l’image aime être dévêtue, et elle en redemandera. Toujours.
Savourez un moment de plaisir avec Fruituèla Léger.
Cette critique vous est offerte par les délicieuses Salad Moins de chez MocDar.
Des masques tombent, d’autres apparaissent. Les lignes bougent, l’incompréhension grandit. Les événements se dévoilent au compte-goutte tandis que des personnalités tournent le dos. Oui, Mystère offre effectivement son lot de mystères. Brrr ! ça fait froid dans le dos. Ah ! non… c’est uniquement le temps qui fait ça.
La question que je me pose en regardant cette saga est pourquoi rien ne m’émoustille autant qu’une série comme Alias, Lost, 24 ou, plus récemment, Dexter. Avant, quand je regardais une de ces séries, découvrir que le dernier épisode arrivait sur sa fin m’était insupportable parce que je devais patienter la semaine suivante pour me rassurer si Sydney Bristow parviendrait à déjouer les plans diaboliques de Sloane. C’était d’ailleurs déjà le cas quand, petit, je regardais les aventures de Batman en collant (avec Adam West et Burt Ward) avec une accroche un brin plus démonstrative. Cet effet d’annonce en fin d’épisode ne reste toutefois qu’un élément supplémentaire afin d’assurer le retour du téléspectateur la fois prochaine. Ce n’est heureusement pas une obligation scénaristique. Même sans accroche, l’impatience se profilait à la fin d’un épisode. Mais là, avec Mystère, point d’impatience. Et c’est en fin de compte assez frustrant de ne pas retrouver ce sentiment pénible lorsqu’un épisode prend fin, mais aussi jouissif lorsque le suivant démarre.
Alors, je me trouve plutôt dans une démarche plus intellectuelle qu’émotionnelle où j’essaie de trouver le petit truc qui fait que « Mystère c’est bien et je vous le conseille », mais… pas si simple. Par contre, les petits trucs inutiles titillent l’œil (et en même temps l’oreille).
Un exemple parmi quelques autres : le jeu des acteurs. Jouer la comédie n’est pas chose facile, j’en conviens, mais ici cela patauge dans le vieux théâtre poussiéreux. C’est statique, froid, et sans véritable passion. Les paroles font l’action alors que ce devrait être le mouvement. Et quand les acteurs bougent, c’est généralement pour quitter la pièce. Par touche, il s’exprime – et c’est savoureux – un soupçon de frénésie, notamment de la part du demi-frère de Laure (sans doute celui qui fait le plus « méchant de l’histoire »). Or une grosse cuillérée serait tellement plus appétissante. Cette saga a besoin de plus de culot, plus de folie. Mais le désire-t-elle vraiment.
J’ai trouvé toutefois un moment très intéressant (ils sont rares, il faut donc les citer) : dans l’épisode 3, lorsque Laure découvre que son compagnon Xavier n’est pas avocat mais flic, ils se retrouvent tous deux dans une salle pour régler leurs comptes. Derrière Xavier, un écran de contrôle renvoie sa propre image à l’infini. Alors que le masque de sa profession vient de tomber, ce mensonge serait-il le premier d’une longue série ?
Egalement, j’ai comme une impression vague que TF1 veut faire entrer dans la tête de nos doux cerveaux disponibles que oui, les extraterrestres existent bel et bien. Car c’est devenu un fait : depuis l’épisode 3 E.T. est là, quelque part, tentant d’établir une communication, et Laure de Lestrade ne conteste plus rien depuis que son père lui apprend le secret qu’il-ne-faut-pas-révéler (la thèse Scully n’est plus, vive la thèse Mulder). Je dis impression vague car il est étonnant de remarquer que, quelques émissions plus loin sur la grille de TF1, nous pouvons trouver une preuve, sinon LA preuve, de l’existence extra-terrestre. Elle repose en un seul être : Fred. Fred est un des participants de la nouvelle émission de télé-réalité Secret Story (pour ceux qui l’ignorent, tous les concurrents du jeu ont un secret qu’ils doivent garder… secret). Le terrible secret de Fred est, tenez-vous bien, d’avoir vécu par trois fois des rencontres du troisième type. Son affirmation n’étant pas très claire, je vous conseille de visionner la petite vidéo ‘explicative’ (je pense que Fred est un ami intime de Jean-Claude Van Damme). Espérons que, de leur côté, TF1 a fait une enquête afin de vérifier la véracité de son secret car, à ce compte-là, moi j’ai vu un schtroumpf en forêt, et il m’a même parlé (mais je n’ai pas bien compris : il devait schtroumpfer le schtroumpfeur pour schtroumpfer dans la schtroumpferie).
Bref, j’attends toujours le petit moment de palpitation qui me scotchera à mon fauteuil (comment un « Oh putain ! » est sorti spontanément de ma bouche quand j’ai découvert comment Locke est devenu paraplégique dans Lost).