Créer un blog Présentation

Nom du blog :
snakefriends
Description du blog :
Critiques et avis sur la Culture, les loisirs et les média en général et le cinéma en particulier!
Catégorie :
Blog Cinéma
Date de création :
22.01.2007
Dernière mise à jour :
04.06.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· Artistes Myspace (1)
· Blographies! (5)
· Ciné, dvd (15)
· Critiques au Micro Ondes (1)
· Divers / Vie du blog (22)
· Evenements (2)
· La bande annonce de la semaine (8)
· Musique/Concerts/Spectacles (2)
· News (1)
· Oldies (1)
· Politique (8)
· Prods maison (8)
· TV (20)
· Vidéos diverses/Clips (8)

Navigation

Accueil
Livre d'or snakefriends
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Terminator The Sarah Connor Chronicles, le pilote
· Les Simpson, le film
· Spider Pig, le héros du jour
· Dernier jour en Chiraquie...
· Spaced
· Prohibition, la B.A de la semaine (j'espere pas!)
· 1-18-08 le nouveau projet de J.J Abrams
· Dexter
· Asterix Aux Jeux Olympiques
· Tenacious D in : The Pick of Destiny

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

X X X X X X
08.07.2008
fuck the geeks
05.07.2008
X X X X X X
02.07.2008
Venez nombreux
06.03.2008
bonjour
23.02.2008
tagueule
16.02.2008
Désolé
20.01.2008
Spaced Culte
20.01.2008
Spaced Culte
20.01.2008
Liens Pando pour la VoStFr
13.12.2007
La meilleure chose que nous ait procurer les US de
06.12.2007
salut
29.11.2007
MODE A PRIX FOU
16.11.2007
le héros
11.11.2007
salut
10.11.2007
Éric notre valet alla te laver ton ciré
29.10.2007
Hum..
27.10.2007
Great!
27.10.2007
??
07.10.2007
Best TV show ever
07.10.2007
RSS

Blogs à découvrir :

· dakota
· cinefilms
· monblogharrypotter
· nico95
· moviegamesother
· boly4ever
· hashi
· camille04
· maryene57530
· touchepasamasexitude

TV

Mystère – épisodes 1 et 2

Posté le 22.06.2007 par Bastien
Dans les années 80. Vol 173 pour Marseille. Turbulences violentes à 30000 pieds. Chute dangereuse de l’appareil. Incompréhension des pilotes. Panique à bord. Et pschitt : l’avion disparaît. De nos jours, Laure de Lestrade revient sur les terres de son enfance. Non loin de l’ancienne maison de ses parents, elle voit un attroupement dans un champ pour cause de phénomène inexpliqué : un crop circle y est dessiné. Dans ses vieux cahiers d’écolières, elle découvre les mêmes dessins. Coïncidence ?

Voilà le point de départ de Mystère, la série estivale de TF1 (qui comptera 12 épisodes). Moi qui n’ai jamais regardé de série française spécial été (ou d’une autre saison), je me suis dit qu’il était peut-être temps de briser cette routine. D’autant que, à la vue de la bande-annonce, la première chaîne semble s’être enfin décidée à renouveler les séries à la française. Avec les succès des Experts, Grey’s Anatomy et consorts, pourquoi ne pas se réapproprier les bonnes confitures américaines ? Alors jetons un œil chez notre voisin d’outre-Atlantique pour découvrir ses productions en matière de série pour pouvoir enfin l’affirmer bien haut : oui, je regarde français, messieurs dames ! La série française ne se résume pas uniquement au soleil de St-Tropez !

Alors oui, au premier abord Mystère ressemble étrangement à ce que les Américains savent si bien faire : une bonne histoire. Déjà, exit le 90 minutes, voilà le 52 minutes. Après R.I.S. (nos Experts français), la série se réfléchit en un format raccourci, donc normalement plus rythmé et plus intense émotionnellement (par contre, il n’y a encore aucune réflexion sérieuse sur le passage de la publicité). Ensuite, bienvenue les références ! En deux épisodes, Mystère regorge d’impressions de déjà-vu. De manière plus ou moins explicite, on peut penser à Signes, Men in Black, X-Files, Lost, Les Experts, Alias (et il y en a sûrement d’autres). Après, à chacun de considérer s’il s’agit d’emprunts inconscients, d’hommages inavoués ou de copiages délibérés, mixés à la française.

L’histoire de Mystère offre donc une aura belle et bien fantastique. Toutes les compétences professionnelles se sont clairement penchées sur l’écriture scénaristique. C’est donc la journée portes ouvertes aux énigmes, complots et autres secrets de famille. N’est pas Mystère qui veut ! Et, sur ce point, cela commence plutôt bien : en vrac, nous avons droit à un père obscur, un demi-frère rancunier, des révélations sur la relation mère/fille, d’étranges phrases, des comportements suspicieux. C’est sûr, les E.T. que Fox Mulder recherchait désespérément ont l’air de se manifester aussi dans notre belle Provence. C’est en tout cas la première impression qui semble se profiler : les aliens sont déjà parmi nous, les militaires font des expériences très secrètes et Laure de Lestrade, au centre d’un grand échiquier, semble en être la pièce maîtresse. Même si ces deux premiers épisodes forment un démarrage un peu mollasson (présentation des personnages oblige), avons-nous peut-être enfin notre Lost à la française !

Pourtant, une bonne histoire ne fais pas un bon film (en l’occurrence une bonne série). Avec une mise en scène qui se prétend sophistiquée (Ouh ! la caméra qui s’élève dans le ciel pour montrer le crop circle ! Ouh ! la caméra qui tourne autour de trois personnages pour exagérer une tension qui n’a pas lieu d’être !), elle finit par gâcher le plaisir du récit. Les effets visuels ne sont que de l’esbroufe, juste assez pour impressionner le téléspectateur. Premier bilan : cela reste du téléfilm de samedi soir.

Alors évidemment, le téléspectateur moyen de TF1 est impressionné parce que justement il ne s’intéresse pas ou peu à la manière dont l’histoire est filmée. Peu importe la mise en scène tant que l’histoire accroche et que les acteurs soient convaincants. Il s’agit d’empêcher de manier la zappette. Et comme pour toute chaîne, la quantité prime plus souvent sur la qualité (les chiffres de l’audimat reste un argument imparable). Je vous le dit : si la série enregistre des records d’audience, cette série sera jugée excellente ; si au contraire elle se fait battre par un concurrent, Mystère sera considéré comme un incident de parcours, une expérience que Joséphine saura annihiler.
En attendant les deux épisodes suivants…

NB : pour ceux qui l’ignorent, un crop circle (cercle de culture ou agroglyphe en français) est une zone dans un champ dont les plantes ont été recourbées de telle manière à former un dessin, plus ou moins complexe.



--

Lost - Les Disparus

Posté le 06.06.2007 par Bastien
Aujourd'hui, un petit nouveau nous rejoint pour renforcer l'équipe du blog. Son premier article est ici et sa blographie sera bientôt mise en ligne. N'hésitez pas à laisser vos commentaires sur sa critique. Bienvenue à Bastien.

Snake & Friends.


Ca y est, la troisième saison de Lost vient de s’achever. Les 23 épisodes qui la composent seront normalement diffusés pendant la saison estivale de TF1. Il faudra maintenant patienter 8 mois avant de découvrir les réponses (et nouvelles questions) qui parsèmeront la saison 4. En attendant, il est l’heure pour les fans d’élaborer, de vérifier, d’avaliser ou de discréditer toute théorie ou conspiration que compose la mythologie lostienne : que se cache-t-il derrière ça ? Et ça ? Et encore ça ? C’est sûr, cette île mystérieuse n’a pas fini de faire parler d’elle. Où est donc passé Tintin ?

Mais Lost, qu’est-ce que c’est d’abord ? Un simple mot anglais ? Quatre lettres dont l’apparence insignifiante cacherait en réalité LE code ? Une suite d’événements improbables dont la ligne de fuite permettrait de dénombrer les heures qui nous restent avant la fin du monde ? Ou, tout simplement, le titre d’une série américaine qui explorent nos besoins les plus primitifs en matière de croyance, prédiction, et correspondance mystique ?

Les Disparus (en français dans le texte), c’est d’abord un idée toute bête qui surgit de la tête de J.J. Abrams, le créateur de la série Alias et réalisateur de MI:3. Alors qu’il visionnait une émission dite de télé-réalité Survivor (prononcez Koh-Lanta en français), il s’est demandé si une série avec plein de Robinson Crusoé pourrait intéresser les téléspectateurs. Sitôt dit, sitôt fait, Lost voit le jour ! La première diffusion du pilote sur la chaîne ABC date du 22 septembre 2004. L’histoire commence alors que le vol 815 Oceanic Airlines, reliant Sydney à Los Angeles, vient de s’écraser sur une île inconnue le… 22 septembre 2004. Ils sont 48 survivants et déjà, il s’agit de trouver un moyen d’alerter les secours. Mais ce ne sera pas si simple car l’Ile (donnons-lui une majuscule, elle le mérite bien) offre son beau lot de mystères : en vrac, les premiers épisodes font état d’une fumée noire, d’un ours polaire et d’un message français ininterrompu depuis 16 ans. En outre, les disparus eux-mêmes sont auréolés de mystères, mystères dévoilés grain par grain par l’entremise de flash-back récurrents. Entre temps, ils se rendent très vite compte que, sur cette Ile, ils ne sont pas si seuls au monde.

Vu le grand nombre de personnages dans la série, chaque épisode se concentre en particulier sur l’un d’entre eux. Nous découvrons alors son passé grâce à des flash-back : un moyen efficace d’éviter la confession intime tout en se révélant aux téléspectateurs. Les petits secrets étant une véritable chasse gardée dans Lost, il faut donc savoir les entretenir. Toutefois, la narration des flash-back, nullement anodine, fait toujours écho à la narration du temps présent. Il s’agit ensuite de reconstituer, à l’aide de tous les flash-back, le puzzle du révolu afin de mieux cerner l’actuel : pourquoi ont-ils pris ce vol ? Pourquoi (ré)agissent-ils ainsi ? Et pourquoi cela ? Mais pourquoi tous ces chiffres ?

Le système du flash-back est ce que je considère comme la signature de la série. Impossible d’y échapper. Or, ce qui faisait son intérêt devient dans la deuxième saison une épine dans le pied. Et dans la troisième, c’est la rupture : le passé ralentit considérablement l’action du présent. Les incessants retours en arrière ne font plus que remplir les 15 minutes manquantes, afin d’avoir un épisode de 42 minutes. Les flash-back ne sont pas gênants pour les récents personnages, bien au contraire. Mais la plupart de nos héros présents depuis le début ont déjà eu droit, à trois ou quatre reprises, à leurs épisodes flash-back (j’en ai compté 8 pour Jack, le principal personnage des personnages principaux). Cela force le respect de la pirouette scénaristique. En réalité, les créateurs ont pris soin de laisser quelques blancs dans la vie de chacun de nos héros afin d’y revenir plus tard (avec quelques surprises, cela va de soi). Et ils n’oublient pas de nous surprendre allègrement avec de belles révélations. A ce propos, la saison 2, la plus prolifique des trois sur ce sujet, offre pléthore de ces relations croisées (ou crossovers). Un bonus DVD de cette saison indique par ailleurs les nombreuses connexions. A croire que tous les personnages se sont déjà rencontrés avant d’atterrir sur l’Ile (ou comment mettre en pratique la théorie du « le monde est p’tit ! »).

Alors que faire pour alléger le passé ? Tout simplement, ne plus aller de l’arrière mais de l’avant. C’est l’utilisation, sur l’un des personnages, de l’antithèse du flash-back : le flash-forward. Ce procédé, peu fréquent en dramaturgie, consiste à dévoiler le futur au lieu du passé. Alias était parsemé de ces flash-forward : toujours en début d’épisode, ils servaient purement et simplement d’accroche. Dans Lost, le personnage aux dons extralucides vit des événements qui ne se sont pas encore produits. D’autant que ses visions lui font découvrir la mort imminente d’un autre personnage principal de la série. D’où, un grand conflit entre le devin et la victime à sauver inlassablement : jusqu’à quand pourra-t-il la sauver, et à partir de quand la future victime acceptera-t-elle son inéluctable sort ? Peut-être est-ce là ce qui m’a personnellement donné l’envie de regarder la saison 3 de Lost : voir si ce qui est annoncé, ce que je redoute, va effectivement arriver. Après tout, pourquoi regarder l’épisode 3 de Star Wars alors que nous savons pertinemment qu’Anakin Skywalker deviendra Dark Vador. Ou quand le spectateur est confronté à sa position voyeuriste et impuissante de spectateur.

Même si je regrette l’utilisation abusive des retours dans le passé (ou vers le futur), je ne peux que m’incliner devant son utilité : nos chers disparus sont incontestablement marqués par l’empreinte de leur passé, plus ou moins conséquent selon les circonstances. Alors que la saison 1 indiquait des relations familiales au plus mauvais point pour tous les personnages (décès, vengeance, adultère, recomposition, renoncement, délation), la saison 3 leur propose d’adopter une nouvelle famille dans un nouvel environnement. C’est en tout cas le message que les Autres, les habitants de l’île, essaient de leur faire transmettre (malgré leur brutalité, ne disent-ils pas qu’ils sont les gentils !). Cette dernière saison va donc dans cette direction jusqu’au point d’orgue du dernier épisode : quel choix prendre ? Avec cet accident d’avion, repliés du monde extérieur, sans possibilité d’être secourus (à moins que…), les disparus ont finalement une opportunité de commencer une nouvelle vie, véritablement différente et sans doute meilleure. Pourtant, quasiment tous veulent retrouver leur famille d’antan. Alors, quel est le bon choix ? Et vont-ils le suivre ?

Espérons en tout cas que les flash-back diminueront d’intensité dans la saison suivante. Mais j’en doute puisque le flash-back est bien le nerf de la série. Il permet au téléspectateur d’acquérir une vision générale de tous les événements d’avant et pendant le passage sur l’Ile. Et avec le flash-forward qui semble se profiler, je serais même tenter d’inclure les événements d’après le passage sur l’Ile (voir à ce propos le dernier double épisode de la saison 3). Il ne fait aucun doute qu’ils parviendront à s’échapper de l’Ile et de son emprise. Mais ensuite, comment vivront-ils leur retour dans la société ? Quelles en seront les séquelles (une pareille aventure change la vie d’un homme) ? J’espère que ces questions seront abordées dans les trois dernières saisons. Et puis, si les héros de Prison Break ont su s’échapper de prison à la fin de la première saison, pourquoi ne pas construire une saison de Lost sur l’après ? A voir.

Surface

Posté le 30.05.2007 par snake
Après la déception du season finale de Heroes (qui a apparemment touché pas mal de monde !), j’ai cherché à me remettre en essayant une autre série. J’ai donc suivi les conseils d’un ami (salut Beast !) qui avait vu le pilote et j’ai regardé Surface. Il faut savoir que cette série de 15 épisodes de 42 minutes a été diffusée en France sur Canal + fin 2006 et sur TF1 en février dernier. Mais personnellement, je n’en avais jamais entendu parler (je devrai peut-être regarder TF1… nan, je déconne !). Comme d’habitude, la version diffusée sur notre grande chaîne hertzienne était quelque peu « allégée » par rapport à celle diffusée aux USA et sur Canal, sans parler de l’atroce VF. Comme pour Lost dernièrement ou Heroes très bientôt, la chaîne, dans un soucis de confort pour ses cerveaux disponibles (euh, pardon, téléspectateurs), avait simplement coupé les scènes qui pouvaient déranger. Une belle marque de respect envers les auteurs.

Revenons à la série. En gros, trois personnes, un ado (Miles), un pêcheur (Rich) et une scientifique (Laura) font la rencontre de monstres marins à différents endroits de la côte américaine. Ces confrontations prennent différentes formes et donc différentes approches du problème. Les incidents impliquant les bestioles se multiplient sur toute la surface du globe et le gouvernement cache, comme toujours, la vérité. Je ne rentrerai pas trop dans les détails et la suite du scénario pour ne pas gâcher la surprise, la série étant riche en rebondissements. C’était déjà le cas avec Heroes mais dans Surface, au moins, on assiste à un final digne de ce nom, lançant des tas de nouvelles pistes qui ne demandent qu’à être exploitées dans une seconde saison qui ne verra jamais le jour, les producteurs l’ayant décidé. Le quinzième épisode répond à de nombreuses questions mais en pose aussi beaucoup. Il marque un nouveau départ et il aurait été intéressant de voir ce que les scénaristes avaient prévu de faire des nombreux nouveaux éléments comme le rôle de Jackson dans la société, le Big Foot, l’arche, le complot, l’affaire des clones, les pouvoirs de Miles, etc. Vraiment frustrant d’apprendre qu’on ne saura sans doute jamais…

Contentons nous donc de cette unique saison. La série comporte de nombreuses références cinématographique, dont Abyss de James Cameron et de nombreux autres films « marins », normal pour une série qui à pour cadre l’océan. Pourtant Surface est à rapprocher de la quasi-intégralité de l’œuvre d’un autre cinéaste, Steven Spielberg. On trouve en effet de nombreux points communs entre Surface et les films du plus grand cinéaste de tous les temps (d’après DLC). Il y a d’abord tout le rapport à l’enfance et à l’adolescence, thème constant chez Spielberg, à travers le personnage de Miles qui découvre une nouvelle forme de vie et décide d’héberger un de ces petits monstres en lui apprenant les rudiments de la vie civilisée (E.T.). Il apprend en même temps à devenir responsable, à être un adulte. On retrouve aussi de nombreuses ressemblances avec Les Dents de la Mer : les attaques, le bateau trop petit, le conseil qui se réunit pour parler du problème, etc. Rencontre du Troisième Type est aussi convoqué sous la forme, entre autres, de la folie de Rich qui se met à dessiner un trou, une sorte de cratère qui le hante. Ses dessins recouvrent tous les murs de sa maison rappelant les scènes de RDTT où Richard Dreyfuss est obsédé par une montagne et tente de la représenter. Heureusement, les réalisateurs de la série ne sont pas allé jusqu’à faire faire à Rich un cratère dans la purée…

Surface compte aussi de nombreuses allusions à la Bible et surtout à l’épisode du déluge. La série est en fait une sorte de relecture de ce passage, vous verrez, c’est clair à la fin de la saison. De nombreux détails rappellent cette correspondance. Par exemple, le monstre que recueille Miles est appelé Nimrod. Selon la Bible, Nimrod fut le fondateur et le roi du premier empire venu à l'existence après le déluge. En sachant cela, on comprend mieux le point de vue de la série. Surface est en fait une relecture, sous forme de série, d’un passage du roman fantastique le plus lu de tous les temps. Tout comme Superman était une adaptation du nouveau testament (ceux qui veulent plus d’explications, laissez un commentaire, je répondrai).

Le principal point négatif de la série est selon moi la qualité de ses effets spéciaux. A force de tout vouloir faire numériquement et ne plus du tout utiliser de trucages de plateau (maquettes, marionnettes, animatroniques…) on obtient un résultat assez gênant. Les effets spéciaux sont, disons le clairement, moisis et empêchent le spectateur de réellement s’attacher aux personnages, en images de synthèse, comme Nimrod. Les effets sont parfois risibles et fleurent bon la mauvaise incrustation digne des plus mauvaises séries canadiennes des 90’s. Heureusement, les acteurs rattrapent bien le tir en étant assez justes, à part peut-être Jay Ferguson qui incarne Rich et qui est vite saoulant. En même temps c’est peut-être son personnage complètement névrosé, croyant et traumatisé qui fait ça. A côté de lui, Lake Bell (Laura) est absolument sublime et en plus, elle est crédible dans son rôle de scientifique. Carter Jenkins (Miles) joue un ado à problèmes avec tout ce que comporte la vie à cet âge là (ça va, c’est passé !) en étant, lui aussi assez bon, sachant qu’il a du jouer les trois quarts de ses scènes face à du vide (mais non, Jalil Lespert et Francis Huster ne jouent pas dans la série, c'est parce que Nimrod est en images de synthèse, suivez un peu!).

Au final, une série à voir, comme d’habitude en V.O., mais surtout avec le montage original et pas celui de TF1, pour ne rien en perdre. Je préfère vous prévenir tout de suite, vous serez frustrés à la fin de la saison mais rassurez vous, rien de comparable avec la fin de Heroes

Enjoy…

Heroes, Saison 1

Posté le 26.05.2007 par snake
Heroes, une série sacrifiée sur l’autel du politiquement correct...


Après avoir loué les qualités subversives, entre autres, de la série Heroes, spécialement son vingtième épisode (voir article TV du 12 mai), je reviens sur mon jugement concernant la série après avoir vu le dernier épisode.

Pour résumer la situation, on est face à une excellente série durant 22 épisodes, avec un univers sombre, des personnages très intéressants, des rebondissements, un très bon scénario, etc. Et toute la série s’écroule lamentablement au cours du dernier épisode. Cet ultime opus donne seulement envie de vomir. Tout le monde se retrouve et les personnages se déclarent leur amour mutuel à longueur de temps car « c’est l’amour qui va tous nous sauver ». Les personnages (surtout Nathan) se rachètent en se sacrifiant pour la communauté. Très christique tout ça… De même, l’affrontement final, attendu depuis le début de la saison est court et sans intérêt. La série est véritablement gâchée par une fin gentille (que je ne vais pas dévoiler ici, je vous laisse la mauvaise surprise) et très politiquement correcte… Passer du subversif au politiquement correct, un retournement digne d’un membre de notre gouvernement…

Le dernier épisode remet aussi en cause, par son happy end, tout le scénario de la saison qui, du coup, ne tient absolument plus la route. Comme je l’avais expliqué lors de l’article précédent, en faisant le parallèle avec Minority Report de Spielberg, les personnages savent qu’une catastrophe se prépare (l’explosion de New York) et tout ce qu’ils font pour l’empêcher ne fait que réunir les éléments qui vont y mener. Tout se passe à merveille pendant un peu plus de 22 épisodes (le début du 23 étant encore correct) avant cette fin pitoyable. En gros, il faut regarder les 22 premiers épisodes et se faire son propre final. Prenez une caméra, une dizaines de potes et tournez votre version, ça sera toujours mieux que ça ! Quand on voit le dernier opus, on ne peut qu’espérer qu’il ne s’agisse que d’une mauvaise blague des producteurs de la série qui finiront par sortir une vraie fin à la série. On espère…

Oublions donc le dernier épisode et consacrons nous au reste de la série, géniale la déception passée. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore la série, on est dans un univers à la X Men où des personnes ordinaires se découvrent des super pouvoirs. Cette filiation est d’ailleurs assumée, Stan Lee, le créateur des X Men jouant un petit rôle dans un épisode, comme dans toutes les adaptations de ses œuvres. Tous les personnages sont très intéressants et attachants (même si Peter est vite chiant avec sa mèche !). Mais je ne vais pas trop en dévoiler pour ne rien gâcher, les rebondissements étant nombreux et souvent très bons.

Cette série est véritablement une œuvre post 9/11 comme je l’ai déjà dit dans l’article précédent, notamment avec l’ouverture de USA sur l’extérieur et l’explosion en plein cœur de New York. Au début de la série, la seule menace connue est celle de l’explosion de la ville et les personnages font ce raccourci très énervant pour les européens : sauver NY = sauver le monde ! Au cours de la série, les choses sont remises à leur place (épisode « 0.07% ») même s’il est vrai que le sort du monde entier découle de cette explosion. Cette série montre aussi qu’il existe autre chose au-delà des frontières américaines, que tout le monde est lié et appartient à un tout. On assiste donc à une mondialisation, non plus économique mais humaine, de la pensée et des actions. Un bon point.

Un des aspects un peu énervants de la série, et typiquement américain, est la responsabilité de Dieu dans l’histoire. Dans Heroes, l’aspect divin des personnages est abordé, notamment avec la multiplication des apparitions d’un signe, disséminé tout au long de la série et commun à tous les protagonistes, que Hiro, un des personnages, traduit par « Godsend » soit « envoyé de Dieu ». Cela se confirme par le sacrifice de Nathan, fils d’un homme tout puissant qu’on n’a jamais vu, qui se sacrifie pour sauver le monde ! Enervant !

La fin de la première saison lance aussi des pistes intéressantes pour la seconde mais la déception est telle qu’il sera difficile de la regarder sans regretter les meilleurs épisodes…

Enjoy (de l’épisode 01 à 22 puis allez prendre l’air)…

ps: Message aux scénaristes et réalisateurs de la série: C'est bon, la blague a assez duré, vous pouvez nous donnez la vraie fin... ah! c'était pas une blague... c'est ça le final de la meilleure série de l'année... Vous avez été remplacés par une bande de bisounours sous calmants? ou alors vous avez perdu tout votre talent en quelques mois desespérés par l'élection de Sarko? Désolé de constater qu'on peut vendre son âme pour tourner une deuxième saison...

Heroes, Une série subversive ?

Posté le 12.05.2007 par snake
Attention, cet article s’adresse à ceux qui connaissent et qui ont déjà vu quelques (une vingtaine quoi !) épisodes de la série Heroes, diffusée depuis septembre sur NBC et bientôt sur TF1 en France. J’imagine que de nombreuses personnes sont déjà fans puisque la série est la plus téléchargée au monde ! La première saison n’est pas encore terminée (les deux derniers épisodes passent les 14 et 21 mai) mais le vingtième épisode m’a tellement marqué par son côté subversif qu’il fallait que j’en parle. Un prochain article reviendra bientôt sur la saison complète, comme je l’avais fait pour Dexter. Les prochaines lignes sont donc réservées aux téléspectateurs ou internautes qui ont déjà vu les 20 premiers épisodes. Désolé pour les autres mais cela risquerait de vous gâcher beaucoup de surprises…

Revenons donc sur le vingtième épisode de la première saison, qui en comptera 23 au final. Toute l’action se déroule 5 ans dans le futur et permet donc d’en apprendre beaucoup sur les personnages et ce qu’ils deviennent dans un futur probable. "Probable", puisque Hiro peut encore changer l’Histoire, ou non. C’est d’ailleurs tout l’enjeu de la série. En essayant d’empêcher la destruction de New York les personnages ne font que réunir tous les éléments qui mèneront à l’explosion… Un peu selon le principe de Minority Report de Spielberg. Cela laisse présager d’une fin de saison énorme !

Cet épisode dans le futur m’a frappé par son côté subversif et véritablement accusateur envers le gouvernement Américain. C’est une des premières séries post 9/11 et cela se ressent. La mondialisation est le centre de la série. Tous les personnages, au quatre coins du monde sont reliés, connectés entre eux. Ils appartiennent tous à un même grand « plan ». Il n’y a donc plus uniquement la globalisation économique, mais aussi une mondialisation des êtres, des événements et des pensées, concept arrivé aux USA après le 11 septembre, quand les américains se sont rendus compte qu’il n’étaient plus seuls sur terre et que leurs action hors de leurs frontières pouvaient avoir des conséquences sur leur sol. Je m’explique sur le rapport avec le 9/11, vous verrez que les ressemblances sont troublantes. Considérons que l’explosion de New York dans la série soit une image des attentats du 11 septembre (destruction d’un des symboles des USA capitalistes) et que les mutants soient les musulmans (partout dans le monde, une menace aux yeux de certains conservateurs…). L’épisode 20 explique que le gouvernement est au courant du fait que cet « attentat » aura lieu mais ne fait rien pour l’empêcher, car cela permettra ensuite de réunir le peuple dans un climat de peur. La population aura ainsi besoin d’être protégée et de se retrouver derrière un leader charismatique. Il s’agit dans la série de Peter Petrelli, le politicien qui vole (pléonasme ?) mis au pouvoir par un milliardaire ( comme Bush…). Il est prêt à sacrifier une partie de la population pour asseoir sa domination sur les Américains et se permettre des lois liberticides sous couvert de la protection de ses compatriotes. Il s’agit dans la série de la loi Linderman visant à éliminer les mutants « dangereux » par tous les moyens, qui fait directement allusion au Patriot Act mis en place par Bush, une série de lois qui annihile beaucoup des libertés individuelles . Les parallèles entre la série et la réalité sont marquants et Heroes propose une vraie critique du gouvernement actuel. Le problème, comme souvent aux USA, est que la plupart des spectateurs ne voient dans cette série qu’un divertissement en en occultant tout le côté politique et critique, comme ce fut le cas avec Starship Troopers de Paul Verhoeven. Cette série est donc hyper subversive pour ceux qui savent lire entre les lignes…

Bientôt une critique plus complète après la fin de la saison… N’hésitez pas à laisser votre avis sur la série !

Enjoy…

The Shield

Posté le 08.05.2007 par Joe
Comme promis, et pour changer un peu de la politique, voici aujourd'hui la première critique d'un petit nouveau, Joe, dant la blographie sera en ligne dès demain. Enjoy...

Snake.




The Shield, crée par Shawn Ryan, est une série policière violente (à tel point que la chaîne FX a perdu quelques contrats publicitaires ) entièrement tourné à Los Angeles, qui a déjà conquis de nombreux téléspectateurs ( la chaîne FX a obtenu lors de la diffusion du pilote le plus haut taux d’audience pour un pilote) mais aussi les critiques. Ainsi, Michael Chiklis a obtenu l’ Emmy Award 2002 et le Golden Globe 2003 pour sa prestation d’acteur. La série a, quant à elle, reçu le Golden Globe 2003 de la meilleur série dramatique.

The Shield nous fait basculer dans le quotidien du commissariat d’un quartier chaud de Los Angeles. Le personnage principal de la série, le détective Vic Mackey (Michael Chiklis) est le chef de la Strike Team, chargée des affaires de gang, de prostitution et de trafic de drogue. Vic et les membres de son équipe n’hésitent pas à utiliser des méthodes controversées (violence, corruption, meurtres, …) pour combattre le crime. Mais The Shield ne tourne pas uniquement autour du personnage de Vic, toute une pléiade de personnages secondaires, tout aussi intéressants et ambigus, apporte de l’eau au moulin de l’intrigue. David Aceveda (le supérieur de Vic) est un latino ambitieux. Il tente de faire tomber Vic, qu’il soupçonne de corruption, en intégrant à la Strike Team un nouveau venu chargé de les espionner. Mais il n’hésite pas lui-même à faire des compromis pour garder ses chances d’être élu au poste de maire. Tous les personnages sont à un moment ou à un autre amenés à mettre leur intégrité de coté.

Le succès de la série est dû autant à la performance des acteurs qu’à l’intrigue haletante de chaque épisode, malgré des résolutions d’enquêtes un peu bâclées parfois. Saison après saison Vic voit sa situation devenir de plus en plus tendue car l’équilibre précaire dans lequel il se trouve entre crime et légalité, entre pression de ses supérieurs et celle des gangsters qu’il aide et dont il se sert devient de plus en plus difficile à maintenir. La série qui devrait, d’après mes sources, se terminer à la fin de la septième saison (en cours de tournage ) est diffusée en exclusivité mondiale sur canal+ depuis le début de la sixième saison à raison de deux épisodes par semaine.

Version trash de NYPD Blues, The Shield bénéficie d’une mise en scène nerveuse est résolument innovante, ainsi les scènes d’action sont tournées caméra à l’épaule de manière rapide et un peu anarchique. Les recadrages et l'utilisation des zooms donnent aussi une certaine dynamique à l'action. La mise en scène nous donne l’impression de ne plus être seulement spectateur mais d’être acteur de la scène, le tout renforcé par une musique rythmée et des dialogues cinglants.

La série pose les problèmes de l’homophobie (par le personnage de Julien Lowe, homosexuel qui ne s’assume pas ), de la violence policière, de l’instrumentalisation des faits divers à des fins politique (tiens ça me rappelle quelqu’un !) , des policiers à majorité blanche dans des quartiers à majorité afro-américaine et hispanique, etc. Le multiculturalisme de la distribution est l’une particularité de la série, elle montre la vie d’une minorité qui évolue en marge de la société, des sans voix de l’Amérique qui sont souvent oubliés dans les séries et les films américains. Shawn Ryan affirme lors du lancement de la série : « Je parie que vous verrez plus d’Hispaniques dans nos 13 épisodes que vous n’en verrez sur NBC toute l’année ».

Bref pour ceux qui connaissent déjà The Shield, rien de nouveau et pour les autres courez vous procurer les premières saisons qui sont sublimes et vous feront découvrir l’atmosphère pesante du commissariat de Farmingtown.

P.S : si vous allez à Los Angeles ne cherchez pas le quartier de Farmimgtown, il n’existe pas !

Spaced

Posté le 04.04.2007 par snake
Fan de Shaun Of The Dead et bavant d'impatience devant Hot Fuzz (je sais, c'est pas propre) j'ai eu envie de découvrir la série où tout à commencé: Spaced.

Cette petite série anglaise de seulement 2 saisons de 7 épisodes chacune (c'est très peu!) a été diffusée sur Channel 4 en 1999 et en 2001. On y retrouve toute l'équipe de Shaun Of The Dead (que j'appelerai SOTD pour faire plus court!) des acteurs principaux et secondaires au génial réalisateur Edgar Wright. L'histoire est simple: Tim (Simon Pegg, le Shaun de SOTD) et Daisy (Jessica Stevenson) sont plus ou moins SDF et sans emploi vraiment rentable. Pour avoir un appartement, ils se font passer pour un couple modèle, avec de bons jobs. Ils arrivent alors dans l'immeuble de Marsha, peuplé de personnages étranges...

Cette série est bourrée de références à des tonnes de films, BD ou dessins animés. On y retrouve l'esprit geek de Shaun avec ses losers, tellement proches de nous (de moi en tous cas). C'est cette identification qui rend les personnages hyper attachants. Une série faite par les geeks pour les geeks! Tout l'esprit de SOTD est présent, les moyens en moins. Pour l'instant, je n'ai vu qu'une partie de la première saison mais il fallait que j'en parle. Une prochaine critique sera en ligne dès que j'aurai tout vu!

Si vous avez aimé SOTD (j'en suis sûr) et que vous attendez Hot Fuzz, essayez de vous procurez cette série en import, vu qu'elle est toujours inédite en France, histoire de patienter. Un super coffret regroupant les 2 saisons et un paquet de bonus est dispo en zone 2 pour une quinzaine de livres. Laissez vous tenter...

Enjoy...

Dexter

Posté le 12.03.2007 par snake
Encore une petite avant-première aujourd’hui avec une série : Dexter. La série, en 12 épisodes a été diffusée d’octobre à décembre 2006 sur Showtime, chaîne de télé américaine à qui on devait déjà la superbe série des Masters Of Horror (bientôt une critique dessus, c’est promis !).

Je vais essayer de ne pas trop dévoiler l’histoire dans cette critique car le scénario de la série est très bien pensé. Contrairement à d’autres séries, il est fortement déconseillé de rater un épisode, même si le classique « Previously in… » de toute bonne série US est présent au début de chaque épisode. En gros, cette série est à voir comme un seul bloc, une sorte d’épisode de Masters Of Horror d’une grosse dizaine d’heures.

Venons en à l’histoire. Dexter, interprété par Michael C. Hall (David, le frère gay de Six Feet Under) est un expert en taches de sang pour la police de Miami. A ses heures perdues, il est aussi tueur en série pour éliminer les criminels qui ont échappé au système. Une sorte de justicier solitaire. Un jour, il découvre lors d’une enquête le « travail » d’un autre tueur en série et tombe en admiration sur son œuvre. Un petit jeu commence alors entre les deux « collègues ». J’arrête ici l’histoire, au premier épisode donc, pour vous laisser découvrir cette série par vous-même et ne pas vous gâcher la surprise.

Dexter est un personnage très intéressant dans le sens où il ne ressent aucun sentiment. Il est, comme il le dit lui-même, « vide ». Il a été adopté par un policier, Harry alors qu’il avait trois ans ne se souvient de rien avant son adoption. Il sait juste qu’il a subit un traumatisme qui lui donne une envie de tuer permanente. C’est pourquoi Harry a décidé de canaliser cette rage pour la rendre utile en faisant de Dexter un justicier. Elevé par un policier et les côtoyant en permanence (sa sœur travaille dans le même commissariat que lui), il a appris à tout faire pour ne jamais être pris, en obéissant à un code strict établi par Harry. La série débute alors que Dexter a déjà tué de nombreuses fois et découvre le travail d’un autre tueur, surnommé le « Ice Truck Killer ». La rencontre avec le travail de ce tueur va l’obliger à remettre en cause toute sa vie.

C’est toute cette remise en cause qui est le point central de la série. Sa vie si bien organisée commence à changer, il en perd le contrôle, si important pour lui. Il se met à faire des erreurs, à ressentir des émotions, à s’humaniser en fait. Cette série apporte donc une approche totalement différente des tueurs en série en ne se plaçant pas, comme c’est souvent le cas, du côté de la justice mais du côté d’un tueur. Toute la série est principalement vue du point de vue de Dexter. Malgré son statut de serial killer, Dexter n’est pas le « méchant », car ses meurtres sont justifiés, à ses yeux. Il enquête et remplace alors le système juridique. C’est le petit problème moral que peut poser la série : elle justifie la peine de mort et encourage même à faire la justice soi même. Même si tous ceux que tue Dexter sont les pires criminels imaginables, ils restent des humains, des citoyens qui ont droit à un jugement équitable. Pour lui il ne fait que rendre la justice à la place du système qui a laissé s’échapper ces monstres. C’est lui qui juge ces différentes personnes et qui les exécute. Cette morale, très américaine du justicier solitaire en dehors du système peut-être discutée mais elle donne à la série une atmosphère sombre assez originale pour une série policière.

Au final, cette série est à voir absolument pour son scénario et sa mise en scène même s’il ne faut pas la prendre au premier degré et réfléchir à la question de la justice et de la peine de mort aux States en particulier. Enjoy!

Le Système Spielberg en question (part 2/2)

Posté le 26.02.2007 par Dominique Le Coutour
Une série inégale

Aujourd’hui la série reste encore largement méconnue. Il y a peu de choses à retenir sinon quelques bons moments. Le casting des réalisateurs aux talents disparates pose problème : des tâcherons auxquels on demande de faire du Spielberg côtoient des grands noms qui la plupart du temps sortent leur épingle du jeu, même si, là encore il n’y a pas de quoi crier au génie. C’est en partie pour cela que la série a si mal vieilli : il y a trop de différence de qualité d’un épisode à l’autre.
La série réserve néanmoins quelques bonnes surprises. L’épisode Papa, momie de William Dear où un acteur déguisé en momie est poursuivi par des villageois vengeurs rappelle du Burton d’avant l’heure. Le Cinéma Secret de Paul Bartel (réalisateur de Death Race 2000 en 1975), très drôle, est digne d’un vrai film de cinéma, par son ambition affichée. En revanche, des épisodes comme L’incroyable vision, La Poupée, ou L’Encyclopédie vivante qui reprennent des thématiques du cinéma fantastique (télépathie, tueurs en série, phénomène surnaturels et transfert d’identité) souffrent de leur cadre télévisuel. C’est là un autre problème de la série : vouloir rivaliser avec une esthétique de cinéma (la photographie propose une lumière très travaillée, de même que la musique, orchestrale, est composée par des grands noms du cinéma : John Williams, Georges Delerue, Jerry Goldsmith, Michael Kamen) sans toutefois y arriver. Le cadre au format 4 : 3, norme télévisuelle oblige, réduit la vision de cinéastes comme Joe Dante ou Clint Eastwood qui sont plus habitués au scope et à la vision large. L’épisode de Joe Dante (Bouh !) se révèle d’une rare médiocrité, la mise en scène, peu inspirée, ne sauvant pas un scénario banal et sans surprises. Même les épisodes réalisés par Spielberg déçoivent : Le Train fantôme et La Mascotte passent mal à l’épreuve du show télé. La vision du cinéaste, qui a toujours eu besoin du format scope pour faire exister ses mondes, est ici considérablement rétrécie. Duel, pourtant, parvenait à dépasser le 4 : 3 pour exploser les limites de l’espace. Il n’en est pas de même ici, Spielberg choisissant souvent l’ambiance et les situations au profit de son habituelle virtuosité de mise en scène. Amazing Stories est davantage une série de scénario où l’histoire et les personnages priment sur le cadre et le découpage.
Les meilleurs épisodes restent ceux de Martin Scorsese, Miroir, miroir (un écrivain voit son double maléfique le pourchasser dans les miroirs) et Clint Eastwood, Vanessa in the Garden, où un artiste qui vient de perdre sa femme se met à la peindre et la fait ainsi revivre dans ses cadres. Ces deux histoires assez proches, écrites par Spielberg, le révèlent volontiers réflexif quant à son métier de créateur.

Amazing Stories reste au final une série décevante, parfois médiocre mais qui contient quelques épisodes divertissants. Le divertissement est ici érigé en système de pensée, Spielberg affirmant que le cinéma, et plus largement les images (la peinture, le dessin animé) et l’entertainment dont il est l’un des maîtres d’œuvre, sont une formidable machine pour émerveiller les enfants que nous sommes. Pour le cinéaste, une image n’est jamais qu’un monde où il convient de rester enfant si l’on veut encore pouvoir s’étonner des choses. L’entertainment (comme monde ludique des images) est un rempart pour préserver l’innocence de la violence du monde (l’autre versant de son œuvre : La Couleur Pourpre, L’Empire du Soleil, La Liste de Schindler).

Le Système Spielberg en question (part 1/2)

Posté le 26.02.2007 par Dominique Le Coutour
Sortie pour la première fois en DVD en décembre 2006, la série Amazing Stories (1985) propose 24 épisodes de qualité inégale. Première série entièrement conçue par Steven Spielberg pour le petit écran, elle montre à la fois l’ambition et les limites d’un auteur qui a toujours eut la confiance d’Hollywood et le contrôle absolu de ses projets, au détriment, parfois, des cinéastes qu’il a fait travailler.

Le « système Spielberg »

Le principe de la série est de mettre des cinéastes reconnus (Eastwood, Scorsese, Dante, Bartel) ou prometteurs (Dear, Joanou, Carter) à la tête des épisodes qui se succèdent hebdomadairement. L’audience ciblée par le show est le public familial, d’où un aspect consensuel. Clairement, Spielberg tente de transposer à la télévision ce qui a fait son succès au cinéma : les scénarios mettent en avant des thèmes fantastiques ou burlesques dans la lignée de E.T., Indiana Jones et 1941. Les spectateurs habitués au Spielberg « suspense et terreur » de Jaws ou Duel en sont pour leurs frais.

Avec Amazing Stories, Steven Spielberg s’offre le luxe du statut de producteur tout-puissant qui imagine, conçoit, écrit parfois, les épisodes et sélectionne les réalisateurs qui auront pour tâche de les réaliser selon sa volonté. Amazing Stories est une série labellisée Spielberg, conçue et vendue comme telle. Le cinéaste a recréé avec Amblin, sa société de production, les valeurs du Hollywood d’avant la vague des années 70 (le Nouvel Hollywood de Scorsese, Coppola, Milius, Bogdanovich, De Palma, cinéastes qui revendiquaient leur statut d’auteur contre la machine des studios). A contre-courant de cela, Spielberg reproduit un système où le producteur est au centre de la création. Le règne du « Steven Spielberg présente » commence et s’épanouit en ce milieu des années 80, époque où le cinéma connaît un regain de conservatisme économique et culturel. D’aucuns diront qu’il en est pour partie responsable.

Le cinéaste est l’auteur des idées originales de tous les épisodes, dont il écrit quelques uns, et laisse à de jeunes auteurs le soin d’écrire les autres, mais toujours suivant ses ordres. Cette présence écrasante du Commandeur produit un effet pervers inhérent au projet : la plupart des scénarios se contentent d’aligner les codes d’un univers prétendument spielbergien (l’enfance incomprise dans un monde adulte tourné en dérision, le recours récurrent au « malentendu » source de quiproquos, la poésie liée au monde de l’enfance, le rêve, l’appel de l’aventure, etc.). La mainmise de Spielberg sur les projets bride et édulcore des scénarios qui auraient parfois nécessité plus de liberté de ton ou de thématique. Le discours global de la série va trop souvent dans le même sens, empêchant par-là même une pluralité de points de vue et d’approches. On sent que Spielberg est encore mal à l’aise avec son concept. Il y a chez lui la volonté farouche d’ériger son savoir-faire acquis au cinéma en système, au détriment de l’inventivité. Force est de constater que Spielberg échoue à faire tenir debout sa série. Au bout de la deuxième saison, elle est jetée aux oubliettes par la chaîne.
Première page | <<< | 1 2


Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus