The Shield
Posté le 08.05.2007 par Joe
Comme promis, et pour changer un peu de la politique, voici aujourd'hui la première critique d'un petit nouveau, Joe, dant la blographie sera en ligne dès demain. Enjoy...
Snake.
The Shield, crée par Shawn Ryan, est une série policière violente (à tel point que la chaîne FX a perdu quelques contrats publicitaires ) entièrement tourné à Los Angeles, qui a déjà conquis de nombreux téléspectateurs ( la chaîne FX a obtenu lors de la diffusion du pilote le plus haut taux d’audience pour un pilote) mais aussi les critiques. Ainsi, Michael Chiklis a obtenu l’ Emmy Award 2002 et le Golden Globe 2003 pour sa prestation d’acteur. La série a, quant à elle, reçu le Golden Globe 2003 de la meilleur série dramatique.
The Shield nous fait basculer dans le quotidien du commissariat d’un quartier chaud de Los Angeles. Le personnage principal de la série, le détective Vic Mackey (Michael Chiklis) est le chef de la Strike Team, chargée des affaires de gang, de prostitution et de trafic de drogue. Vic et les membres de son équipe n’hésitent pas à utiliser des méthodes controversées (violence, corruption, meurtres, …) pour combattre le crime. Mais The Shield ne tourne pas uniquement autour du personnage de Vic, toute une pléiade de personnages secondaires, tout aussi intéressants et ambigus, apporte de l’eau au moulin de l’intrigue. David Aceveda (le supérieur de Vic) est un latino ambitieux. Il tente de faire tomber Vic, qu’il soupçonne de corruption, en intégrant à la Strike Team un nouveau venu chargé de les espionner. Mais il n’hésite pas lui-même à faire des compromis pour garder ses chances d’être élu au poste de maire. Tous les personnages sont à un moment ou à un autre amenés à mettre leur intégrité de coté.
Le succès de la série est dû autant à la performance des acteurs qu’à l’intrigue haletante de chaque épisode, malgré des résolutions d’enquêtes un peu bâclées parfois. Saison après saison Vic voit sa situation devenir de plus en plus tendue car l’équilibre précaire dans lequel il se trouve entre crime et légalité, entre pression de ses supérieurs et celle des gangsters qu’il aide et dont il se sert devient de plus en plus difficile à maintenir. La série qui devrait, d’après mes sources, se terminer à la fin de la septième saison (en cours de tournage ) est diffusée en exclusivité mondiale sur canal+ depuis le début de la sixième saison à raison de deux épisodes par semaine.
Version trash de NYPD Blues, The Shield bénéficie d’une mise en scène nerveuse est résolument innovante, ainsi les scènes d’action sont tournées caméra à l’épaule de manière rapide et un peu anarchique. Les recadrages et l'utilisation des zooms donnent aussi une certaine dynamique à l'action. La mise en scène nous donne l’impression de ne plus être seulement spectateur mais d’être acteur de la scène, le tout renforcé par une musique rythmée et des dialogues cinglants.
La série pose les problèmes de l’homophobie (par le personnage de Julien Lowe, homosexuel qui ne s’assume pas ), de la violence policière, de l’instrumentalisation des faits divers à des fins politique (tiens ça me rappelle quelqu’un !) , des policiers à majorité blanche dans des quartiers à majorité afro-américaine et hispanique, etc. Le multiculturalisme de la distribution est l’une particularité de la série, elle montre la vie d’une minorité qui évolue en marge de la société, des sans voix de l’Amérique qui sont souvent oubliés dans les séries et les films américains. Shawn Ryan affirme lors du lancement de la série : « Je parie que vous verrez plus d’Hispaniques dans nos 13 épisodes que vous n’en verrez sur NBC toute l’année ».
Bref pour ceux qui connaissent déjà The Shield, rien de nouveau et pour les autres courez vous procurer les premières saisons qui sont sublimes et vous feront découvrir l’atmosphère pesante du commissariat de Farmingtown.
P.S : si vous allez à Los Angeles ne cherchez pas le quartier de Farmimgtown, il n’existe pas !
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:: Les commentaires des internautes
très bonne série
Posté par
DLC le 10.05.2007
Bienvenue à Joe dans la critique! Des débuts prometteurs, à mon avis. J'ai moi même regardé la saison 1 en presque 1 traite tellement la série est intriguante.
Mais je ne te suis pas quand tu dis que la mise en scène est innovante, elle est très conforme aux canons du cinéma : Narc, Traffic, ou encore le style Spielberg de Saving Private Ryan : zooms, découpage ultra-dynamique, espace brisé. En revanche la narration est classique : peu de révolution de ce côté, les séquences s'enchaînent logiquement, sans recours à des procédés novateurs.
Tant pis car comme tu le dis, la série rénove la façon de montrer les communautés américaines, ainsi que la façon de réinvestir les codes, tout en nuance : le flic pourri mais finalement sympathique, le supérieur qui veut la justice mais dans le seul but de devenir maire.
Une série au-delà de la norme, intelligente et divertissante.