Le Mariage de Tuya
Posté le 29.03.2007 par snake

A peine rentré de Deauville où se déroulait la soirée d’ouverture du 9ème Festival du Cinéma Asiatique, où j’ai croisé, entre autres, Jean-Pierre Dionnet (Mon idole !) et Gaspard Ulliel (Désolé les filles, j’ai pas pris de photos !), voici la petite critique du premier film présenté à l’issue de la cérémonie d’ouverture. Je sais, c’est du rapide !
Le Mariage de Tuya (c’est une contrepétrie !), de Wang Quan An, Ours d’Or à Berlin cette année, a donc été le film choisi pour être présenté en ouverture du Festival du Cinéma Asiatique. Le peu d’images que j’en avais vu lors de la Berlinade et les rares commentaires entendus me faisaient craindre le pire, en gros, un film chiant. Et ce n’est pas le pitch de départ qui pouvait relever le niveau et provoquer une attente énorme. Cette histoire de bergère dans les vastes plaines de la Mongolie, qui doit divorcer de son mari handicapé pour se trouver un homme plus apte à subvenir aux besoins de la famille, peut sembler peu attrayante de prime abord. Pourtant, je fus très agréablement surpris en le découvrant! Le film regorge de qualités et de références (A mon avis, inconscientes de la part du réalisateur mais flagrantes à mes yeux…).
La première qualité du film est le sens du cadre évident de la part du réalisateur. La composition de chaque plan est à la limite de la perfection, chaque élément occupant une place précise, idéale, la meilleure solution, rendant chaque plan très agréable à regarder grâce à sa construction, comme une peinture. Les couleurs aussi sont très importantes, les personnages portant souvent des couleurs vives au milieu de paysages ternes, du sol gris de la plaine désertique au ciel azur toujours vide. Esthétiquement, le film est vraiment très travaillé, n’insistant jamais sur des éléments pourtant aisément exploitables pour obtenir du pathos facile. L’exemple le plus frappant est la scène de la tentative de suicide du mari à la mise en scène et au montage très bien trouvés. Le jeu des acteurs est aussi remarquable. Très simple, voire simpliste, il colle parfaitement avec le ton du film, comme avec le décor, des plaines désertiques. Tous restent très calmes, sauf en de rares exceptions et semblent littéralement rongés de l’intérieur. L’histoire est aussi entièrement dans ce registre, très simple et pourtant très forte, avec cette recherche d’un homme pour un mariage de nécessité et de raison alors que Tuya est toujours amoureuse de son mari malgré son handicap et son incapacité à assumer son rôle. « L’amour a ses raisons que la raison ignore » pourrait être une bonne accroche sur la future affiche…
Des références étranges…
Avec ma culture cinématographique (très relative), Le Mariage de Tuya m’a fait penser à deux films américains : Mary à Tout Prix des frères Farrelly et L’Empire Contre-Attaque de Irvin Kershner. Je ne suis pas encore complètement fou, je vous explique ! Le côté Mary… vient du fait qu’on se rend compte tout au long du film que tous les hommes qu’a croisé Tuya à un moment où à un autre de sa vie sont tombés amoureux d’elle et font tout pour être celui qu’elle choisira. C’est bon, vous voyez le rapport ?
Le côté Empire… est contenu dans une seule scène, hommage (volontaire ou non ?) au début de l’épisode V de Star Wars. En pleine tempête de neige, Tuya part à la recherche de son fils à dos de chameau. Tous les plans font immanquablement penser à Han Solo à la recherche de Luke, le chameau étant toujours cadré de manière à ce qu’on n’arrive pas vraiment à distinguer de quelle espèce animale il s’agit. Pour dire, je m’attendais même à ce que Tuya éventre le pauvre camélidé en retrouvant son fils… Je sais que c’est un peu tiré par les cheveux mais il faudrait demander au réalisateur s’il a voulu rendre hommage à ces films à travers son Mariage de Tuya. Malheureusement, il n’était pas à Deauville ce soir. C’est pas grave, je le retrouverai…
Enjoy…
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reviens JPD reviens ....
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hashi le 29.03.2007
non...trop la chance, t'as croisé JP Dionnet ... tu peux mourir heureux maintenant !!!
Alors tu es tombé sous le charme d'un film à festival ? J'vais pas me moquer j'métais laissé amadouer par Locataires et maintenant que tu as parlé de la réf à star wars..va bien falloir que j'aille voir de quoi il en retourne ...
soit maudit, prépare toi à rembourser la place si c'est soporifique^^
Lien vers mon blogHé ouais...
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Snake le 30.03.2007
C clair que JPD a trop la classe. Je garantis pas que le mariage... plaira à tout le monde mais c'est une super bonne surprise, étant donné que je ne serais pas allé le voir s'il n'était pas présenté au festival. A voir sans aprioris donc!
Très touchant
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montebello le 27.07.2007
N'adoptant pas le ton supérieur de "Snake", je tiens à affirmer que le film m'a beaucoup plu tant du point de vue des paysages que des ressorts psychologiques ou du jeu des acteurs, pour beaucoup pourtant amateurs. C'est à la fois le portrait d'un pays et d'une civilisation et aussi celui d'une femme à la forte personnalité qui lutte dans un monde très difficile aux équilibres fragiles. J'espère que le public français (je l'ai vue en Italie où il est déjà sorti) ne le regardera pas de haut.
Bah non!
Posté par
Snake le 27.07.2007
Je n'ai pas le sentiment de prendre ce film de haut dans ma critique, ni d'adopter un ton supérieur. Je suis désolé si tu l'a ressenti ainsi mais c'est un film qui m'a, comme toi, beaucoup plu. Tu remarquera que mon billet sur le film reconnait ses qualités de mise en scène et de jeu d'acteurs.Je suis complétement d'accord avec ton commentaire, qui, à mon avis, rejoint ce que j'ai écrit. Ce n'est pas parceque je parle du film sur un ton humoristique en le comparant àmes propres références que je le prend de haut. J'espère que le malentendu est rétabli.