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Critiques et avis sur la Culture, les loisirs et les média en général et le cinéma en particulier!
Catégorie :
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22.01.2007
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Le Système Spielberg en question (part 1/2)

Le Système Spielberg en question (part 1/2)

Posté le 26.02.2007 par Dominique Le Coutour
Sortie pour la première fois en DVD en décembre 2006, la série Amazing Stories (1985) propose 24 épisodes de qualité inégale. Première série entièrement conçue par Steven Spielberg pour le petit écran, elle montre à la fois l’ambition et les limites d’un auteur qui a toujours eut la confiance d’Hollywood et le contrôle absolu de ses projets, au détriment, parfois, des cinéastes qu’il a fait travailler.

Le « système Spielberg »

Le principe de la série est de mettre des cinéastes reconnus (Eastwood, Scorsese, Dante, Bartel) ou prometteurs (Dear, Joanou, Carter) à la tête des épisodes qui se succèdent hebdomadairement. L’audience ciblée par le show est le public familial, d’où un aspect consensuel. Clairement, Spielberg tente de transposer à la télévision ce qui a fait son succès au cinéma : les scénarios mettent en avant des thèmes fantastiques ou burlesques dans la lignée de E.T., Indiana Jones et 1941. Les spectateurs habitués au Spielberg « suspense et terreur » de Jaws ou Duel en sont pour leurs frais.

Avec Amazing Stories, Steven Spielberg s’offre le luxe du statut de producteur tout-puissant qui imagine, conçoit, écrit parfois, les épisodes et sélectionne les réalisateurs qui auront pour tâche de les réaliser selon sa volonté. Amazing Stories est une série labellisée Spielberg, conçue et vendue comme telle. Le cinéaste a recréé avec Amblin, sa société de production, les valeurs du Hollywood d’avant la vague des années 70 (le Nouvel Hollywood de Scorsese, Coppola, Milius, Bogdanovich, De Palma, cinéastes qui revendiquaient leur statut d’auteur contre la machine des studios). A contre-courant de cela, Spielberg reproduit un système où le producteur est au centre de la création. Le règne du « Steven Spielberg présente » commence et s’épanouit en ce milieu des années 80, époque où le cinéma connaît un regain de conservatisme économique et culturel. D’aucuns diront qu’il en est pour partie responsable.

Le cinéaste est l’auteur des idées originales de tous les épisodes, dont il écrit quelques uns, et laisse à de jeunes auteurs le soin d’écrire les autres, mais toujours suivant ses ordres. Cette présence écrasante du Commandeur produit un effet pervers inhérent au projet : la plupart des scénarios se contentent d’aligner les codes d’un univers prétendument spielbergien (l’enfance incomprise dans un monde adulte tourné en dérision, le recours récurrent au « malentendu » source de quiproquos, la poésie liée au monde de l’enfance, le rêve, l’appel de l’aventure, etc.). La mainmise de Spielberg sur les projets bride et édulcore des scénarios qui auraient parfois nécessité plus de liberté de ton ou de thématique. Le discours global de la série va trop souvent dans le même sens, empêchant par-là même une pluralité de points de vue et d’approches. On sent que Spielberg est encore mal à l’aise avec son concept. Il y a chez lui la volonté farouche d’ériger son savoir-faire acquis au cinéma en système, au détriment de l’inventivité. Force est de constater que Spielberg échoue à faire tenir debout sa série. Au bout de la deuxième saison, elle est jetée aux oubliettes par la chaîne.



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